Blob: la cellule sans cerveau qui a une mémoire

Le nom scientifique du blob est Physarum polycephalum. Il s’agit d’une espèce unicellulaire de myxomycète de l’ordre des Physarales, vivant dans les milieux frais et humides tels que les tapis de feuilles mortes des forêts ou le bois mort.

Organisme capable de prendre diverses formes, bien que n’ayant pas de cerveau, selon des études, le blob est doté de certaines capacités d’apprentissage.

Comme les champignons, cet organisme monocellulaire possède des milliers de répliques de son noyau (permettant sa fragmentation et la fusion des fragments), ce qui a suscité une erreur historique: le blob n’est pas un champignon!

Histoire du blob

Son nom scientifique Physarum polycephalum lui est donné en 1822 par le mycologue américain Lewis David von Schweinitz. Ce nom signifie littéralement petite vessie à plusieurs têtes.

Au 20èmè siècle, ce myxomycète a été surnommé « le blob » en référence aux autres utilisations du mot anglais blob, notamment du film de science-fiction The Blob d’Irvin S. Yeaworth Jr. Ce film, sorti en 1958, a pour personnage central un extraterrestre géant et gluant qui grossit en avalant les habitants, en fait la cellule de Physarum polycephalum double de taille tous les jours.

Le terme blob est encore couramment utilisé par la presse et les médias francophones en général.

Comment est-il fait un blob?

Visible à l’œil nu, le blob est généralement de couleur jaune, se nourrissant de spores et de sporophores de champignons, de bactéries et autres microorganismes.

Il est l’un des microorganismes eucaryotes les plus faciles à cultiver in vitro: du papier absorbant humide et des flocons d’avoine suffisent pour qu’il puisse vivre et se nourrir.

Il est utilisé comme organisme modèle pour de nombreuses études sur les mouvements et la motilité cellulaire.

On le trouve sur tous les continents, dans des milieux humides, doux et ombragés, en forêt, dans des arbres ou dans la litière en décomposition, mais aussi dans le désert ou sous la neige.

La principale phase végétative du blob est le plasmode. Ce plasmode est constitué de réseaux de veines protoplasmiques qui assurent la distribution des nutriments, et de nombreux noyaux.

Le plasmodium entoure sa nourriture et sécrète des enzymes pour la digérer.

Si les conditions environnementales entraînent la dessiccation du plasmode lors de l’alimentation ou de migration, il se forme alors un sclérote.

Ce sclérote est multinucléé et constitué de tissus très renforcés servant de stade de dormance, assurant ainsi la protection de Physarum polycephalum pendant de longues périodes. Une fois les conditions favorables revenues, le plasmode réapparaît pour poursuivre sa quête de nourriture.

Quand les réserves alimentaires sont épuisées, le plasmode entre en phase de reproduction pour former des sporocystes. Des sporocystes se forment dans le plasmode, la méiose se produit au sein de ces structures et les spores se forment.

Les sporocystes se forment habituellement à l’air libre pour que les spores soient dispersées par le vent. Les spores peuvent rester viables pendant des années. Toutefois, lorsque les conditions environnementales sont favorables à la croissance, les spores germent et libèrent des cellules.

Les cellules fusionnent ensuite pour former un nouveau plasmode.

blob
© prawny/pixabay

Etudes sur le blob

Le Physarum polycephalum est souvent utilisé pour les études sur l’édition biologique: il est à ce jour le seul organisme connu pour éditer l’acide ribonucléique (ARN) à la fois par insertion et substitution de nucléotides.

Le déplacement du blob est lié à un courant cytoplasmique. Il secrète un mucus qui le protège contre la dessiccation mais a aussi un rôle répulsif qui lui évite d’explorer deux fois la même piste. Cette mémoire spatiale externalisée lui permet de se déplacer.

Une recherche a montré qu’il peut non seulement apprendre mais également transmettre les nouvelles informations mémorisées à des congénères en fusionnant temporairement avec eux.

En 2021, Le CNRS a lancé un projet de science participative consistant à étudier de manière précise les impacts des changements de température sur le blob.

Des écoles primaires, collèges et lycées ont participé à ce projet: les participants ont reçu un blob, ils ont du s’en occuper et simuler des vagues de chaleur afin de recueillir des données qui seront par la suite étudiées par une équipe de recherche.

Ainsi on saura si le blob résiste à la chaleur, l’impact de ce changement sur son comportement, et en conséquence, les scientifique pourront théoriser sur l’impact du changement climatique sur les êtres humains.

On attend les conclusions de cette recherche avec impatience.

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