Dernier prix Goncourt 2021: La plus secrète mémoire des hommes, roman sénégalais

L’auteur sénégalais Mohamed Mbougar Sarr a décroché hier après -midi le plus ancien et l’un des plus prestigieux prix littéraires français: le prix Goncourt. Son quatrième et dernier roman, « La plus secrète mémoire des hommes », texte publié par la maison d’édition Philippe Rey en coédition avec la petite maison d’édition sénégalaise Jimsaan, au mois d’août 2021, a séduit le jury de l’Académie Goncourt.

Le prix Goncourt est un prix littéraire français récompensant des auteurs d’expression française, créé par le testament d’Edmond de Goncourt en 1892. La Société littéraire des Goncourt, dite Académie Goncourt, est officiellement fondée en 1902 et le premier prix Goncourt proclamé le 21 décembre 1903.

Le prix annuel est décerné au début du mois de novembre par l’Académie Goncourt, après trois présélections, en septembre et en octobre, parmi les romans publiés dans l’année en cours.

Mohamed Mbougar Sarr, romancier de 31 ans était donné grand favori de la plus prestigieuse récompense littéraire français et il était également dans la première liste du prix Renaudot et finaliste du prix Médicis en 2021.

Ce prix qu’il a mérité est la preuve éclatante de la vitalité et de l’universalité de la langue française.

L’histoire qui a mérité le prix Goncourt

Dans son roman l’auteur sénégalais raconte l’histoire de Diégane Latyr Faye, un jeune écrivain sénégalais installé à Paris qui, bouleversé par la découverte d’un livre paru en 1938, décide d’enquêter sur le récit qui se cache derrière ce roman. Une quête qui va l’emmener sur les traces de son auteur, T.C. Elimane, au Sénégal, en Argentine, à Amsterdam et à Paris.

Diégane Latyr Faye est membre du milieu littéraire de la diaspora africaine de Paris. Diégane part sur la piste d’Elimane, enquête dans les archives, tente de comprendre son silence, cherche à reconstituer son parcours, songe à écrire un roman sur cet astre au destin si singulier. Le Sénégal, Paris, l’Argentine, Paris, puis de nouveau le Sénégal.

Mohamed Mbougar Sarr gambade d’un continent à l’autre, entremêle les récits et les temporalités, insère ici un article de presse, là le passage d’un livre, alterne gravité et humour.

Avec ce roman Mohamed Mbougar Sarr devient historien, philosophe, sociologue de la littérature. Ce roman est dédié Yambo Ouologuem, premier romancier africain à recevoir le prix Renaudot en 1968 avec Le Devoir de violence, sorti chez Seuil et qui connut l’humiliation, quatre ans plus tard, à cause de graves accusations de plagiat.

Le récit de Mohamed Mbougar Sarr revisite les liens entre fiction et vérité à travers les étapes de la grande histoire de l’être humain, sans accuser les uns ou justifier les autres, dans une démarche de volonté de réconciliation.

Histoire du jeune talent qui a reçu le prix Goncourt

Mohamed Mbougar Sarr est l’aîné d’une famille de sept fils, avec qui il a grandi à Dakar. Il a été éduqué dans un milieu qui l’a d’abord orienté vers des études militaires, avant d’arriver sur le territoire français pour démarrer une classe préparatoire dans l’Oise. Depuis son entrée à l’EHESS, il n’a pas arrêté d’écrire.

Il rêve de devenir médecin, ou footballeur, militaire, journaliste, avocat, ou professeur. Mais il choisit les classes préparatoires littéraires en France, dans un lycée de Compiègne. Ce choix l’amènera dans une des plus prestigieuses « grandes écoles » françaises, l‘Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS).

Ses recherches portaient sur la grande voix de la littérature africaine, Léopold Sedar Senghor. Il a commencé à écrire et il n’a pas pu finir sa thèse. Son entrée en littérature s’est faite dès ses 24 ans, avec « Terre ceinte », publié par la maison d’édition Présence africaine.

A 31 ans, il est en effet l’un des plus jeunes lauréats de l’histoire du Goncourt, après Henri Troyat, Goncourt à 27 ans, mais à égalité avec Jean Rouaud, Goncourt 1990 à 31 ans, et plus jeune d’un an que Didier Decoin, Goncourt 1977 et Laurent Gaudé, Goncourt 2004.

 

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