Droits des femmes au Gabon: des nouveaux projets de loi

Droits des femmes: au Gabon les femmes sont les piliers de la communauté, le sceau de la République, qui représente une mère allaitant son enfant, en est la preuve, mais beaucoup reste encore à faire pour que la plupart des femmes puisse finir l’école, accéder à la formation professionnelle et aux études supérieurs, accéder à certains métiers interdit par la loi, pouvoir décider en toute autonomie de travailler ou non, sans l’accord de son époux.

Une Fondation en défense des droits des femmes

En défense des droit des femmes, la première dame Sylvia Bongo Odimba, en 2011, crée une fondation qui porte son nom, « Fondation Sylvia Bongo Odimba pour la famille ». La fondation veut donner une place de premier plan aux femmes dans la société, en les soutenant dans l’acquisition d’une indépendance économique, tout en organisant aussi des initiatives qui concernent les jeunes, les personnes fragiles et l’accès aux soins pour tous.

Incité par les initiatives de la Fondation en faveur des femmes, le Président Ali Bongo Ondimba a institué en 2015 la Décennie de la femme gabonaise, par cette mesure les institutions nationales se sont engagé dans la promotion des droits des femmes pour la décennie 2015-2025 et beaucoup des choses ont déjà changé depuis.

Un long chemin vers l’égalité entre les femmes et les hommes

En 2015, le conseil de famille est devenu conseil successoral et la deuxième partie du Code civil consacrée au droit de la succession maintenant garantit les droits de la veuve et des orphelins (déjà en 2011 le Gabon avait proposé l’institution d’une Journée Internationale des Veuves, proposition qui a été adopté avec une résolution de l’ONU); le Fond national d’aide sociale (FNAS) a été créé pour financer les micro-projets des associations créées et gérées par des femmes.

Entre 2016 et 2019 des lois et des décrets ont été promulgués, comme la Loi n°09/2016 qui a institué un quota d’accès des femmes aux élections politiques et aux emplois supérieurs de l’État, la Loi n°10/2016 sur la lutte contre le harcèlement sexuel en milieu professionnel, le  Programme Égalité des Chances qui offre aux femmes des prestations et des aides dans les domaines de la santé, de l’éducation, de la formation professionnelle et des micro-crédits; en 2018, le principe de la parité entre les hommes et les femmes a été énoncé par une révision de la Constitution, et en 2019 la pénalisation de la violence contre les femmes ( y compris la violence sexuelle) a été renforcé par le décret n°00099/PR du 05 juillet 2019 de la loi n°42/2018. Un numéro d’urgence national gratuit et anonyme a été créé pour lutter contre la violence faite aux femmes.

Les femmes au sommet de l’Etat

Aujourd’hui 10 femmes sont au sommet de l’Etat: Ministres d’Etat ou Ministres déléguées, de l’Economie, de la Communication, de l’Enseignement supérieur, des Affaires étrangères, des Affaires sociales, de l’Emploi et formation professionnelle et de la Justice.

Des nouveaux projets de loi pour la protection des femmes et promotion des droits des femmes et pour l’égalité entre les femmes et les hommes ont été présenté et adopté en conseil de ministres. Madame  Erlyne Antonela Ndembet Damas, Ministre de la Justice et Garde des Sceaux, explique dans une interview que

La principale nouveauté est la mise en place d’une loi spécifique visant à prévenir, protéger et éliminer les violences et discriminations faites aux femmes, qu’elles soient physiques, morales, économiques ou encore patrimoniales. Le projet de loi portant élimination des violences faites aux femmes deviendra le socle du dispositif de protection de la femme dans notre pays. Outre les autres mesures de prévention et de protection, il crée un centre d’accueil dédié aux femmes violentées, afin de les accompagner, ainsi qu’un observatoire national des droits des femmes, pour mesurer l’impact de ces réformes. De cette loi découlent des modifications du code pénal et du code civil. Dans le cadre du code pénal, le dispositif des sanctions des atteintes à la personne, notamment contre les femmes, sera renforcé. S’agissant du code civil, les modifications visent à accroitre l’harmonie et l’esprit de consensus dans une gestion partagée du ménage.

 

droits des femmes
© blaire-harmon/unsplash

Pour assurer la mise en œuvre concrète des nouvelles lois, le gouvernement a prévu des nombreuse mesures, comme nous explique encore Madame la Garde des Sceaux:

Une série de mesures est prévue pour assurer leur application immédiate. Chaque ministère intervenant dans le processus (éducation nationale, famille, justice, santé, intérieur, défense nationale et communication) bénéficiera de formations pour les personnels impliqués. Des mesures éducatives seront mises en place pour l’ensemble de la population, à travers un programme de sensibilisation, d’évaluation et de prévention de toutes les formes de violences à l’égard des femmes, mais aussi de formations sur la détection précoce, la prise en charge clinique, psychologique et sociale des victimes et de leurs enfants. Ces derniers subissent des dommages collatéraux issus des violences perpétrées en milieu familial.

 

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