Huile de palme: quelles conséquences pour l’environnement?

L’huile de palme est une huile végétale extraite par pression à chaud de la pulpe des fruits du palmier à huile, un arbre originaire d’Afrique tropicale.

L’Indonésie et la Malaisie sont aujourd’hui les principaux pays producteurs mondiaux de ce produit, qui est l’huile végétale la plus consommée au monde. Ingrédient traditionnel des cuisines d’Afrique, d’Amérique du Sud et d’Asie, elle est actuellement massivement utilisée dans les pays non producteurs pour la fabrication d’aliments transformés, en remplacement des graisses animales (saindoux, beurre…) et des huiles végétales hydrogénées, fabriquées à partir d’huiles comestibles extraites de plantes, telles que les olives, le tournesol et le soja, et encore elle est utilisée dans les carburants et les cosmétiques.

Bien que l’huile de palme soit une culture végétale, sans origine animale, la méthode utilisée pour l’obtenir peut être contraire à la morale végétalienne, pour cette raison les questions concernant les plantations de palmiers de la planète sont à la hausse, car les gens ont à cœur le bien-être animal et le climat.

La production d’huile de palme provoque d’immenses pertes d’écosystèmes et met en danger des milliers d’animaux. Le véganisme signifie s’engager dans un mode de vie sans cruauté, pour une raison éthique qui concerne la protection de l’environnement et de la biodiversité, il serait mieux d’essayer de réduire la demande d’huile de palme ou d’arrêter de le consommer.

Selon les données du WWF, l’huile de palme représente 40% de la consommation mondiale d’huile végétale et plus de 60% de l’huile végétale commercialisée chaque année.

L’industrie alimentaire et des boissons est le principal contributeur à cette demande. Des études montrent que cette huile est utilisée dans près de 50% de tous les produits de consommation vendus quotidiennement, en particulier les aliments transformés.

Alors qu’une grande partie de la demande du produit provient de l’Asie du Sud-Est, les États-Unis et l’Union européenne représentent à eux seuls 14% de la consommation d’huile de palme. Cette croissance de la demande pèse sur de nombreux aspects de la vie en Afrique de l’Ouest, en Indonésie et en Malaisie, où se trouvent les plus grandes plantations de palmiers à huile.

Huile de palme et biodiversité

Le WWF affirme que l’éradication des terres pour l’expansion des plantes entraîne la perte d’habitat et menace l’existence de plusieurs espèces.

Les îles de Sumatra et de Bornéo abritent les seuls orangs-outans de la Terre et la plus forte production d’huile de palme au monde.

Les prochaines années pourraient voir la population d’orangs-outans de Sumatra diminuer de plus de 80%. Et dans moins de trente ans, les éléphants de Sumatra pourraient être confrontés à l’extinction.

La déforestation rend les tigres, les rhinocéros, les ours solaires, les loris lents, les pangolins et divers types d’oiseaux, de singes et de reptiles complètement vulnérables au braconnage.

Huile de palme et climat

Le déracinement des forêts et des tourbières pour les plantations accélère le changement climatique.

Les incendies, un moyen contraire à l’éthique mais courant de faire de la place pour les plantations d’agriculture intensive, contribuent aux émissions de gaz à effet de serre.

Principalement dus à l’expansion non durable du palmier à huile, les incendies auraient réduit la qualité de l’air en Asie du Sud-Est, causant de milliers de décès prématurés. Les engrais synthétiques et les pesticides pour la culture du palmier ont également un impact négatif sur les habitats voisins.

Améliorer notre mode de consommation

L’éducation des consommateurs obligera les entreprises à changer leurs habitudes, mais le boycott de l’huile de palme ne suffit pas: pour les entreprises cette huile est polyvalente, et en plus ses rendements surpassent toute autre source sur la planète.

Selon une étude de l‘IISD, l’Institut du Développement Durable, par rapport au soja, l’huile de palme est la deuxième huile végétale la plus consommée dans le monde, en outre elle nécessite d’un septième de l’engrais, un quatorzième des pesticides, et d’un sixième de l’énergie, pour le même volume final.

De plus, nous aurions besoin de plus de terres que celles utilisées actuellement. Mais plus de besoins en terres signifie augmenter les risques d’incendies pour la forêt tropicale et ses habitants.

L’industrie fournit également des emplois à d’innombrables personnes dans des pays moins développés comme l’Indonésie et la Malaisie. Avec 80% des palmiers à huile cultivés dans le monde, l’industrie emploie actuellement plus de 3 millions d’agriculteurs.

Dans cette vidéo vous pouvez avoir une brève explication de l’utilisation de l’huile de palme et sa dangerosité pour l’environnement et le climat :

Des organisations comme la Table ronde sur l’huile de palme durable (RSPO) appliquent une version plus responsable du produit: l’huile de palme durable certifiée (CSPO).

Aujourd’hui, 58% des 9 millions de tonnes d’huile de palme analysées par le WWF et l’ IISD sont désormais certifiées. Cependant, l’Agence d’enquête environnementale (EIA) a signalé neuf cas de faute professionnelle au nom de la RSPO.

La RSPO veut changer cette situation avec des normes de durabilité volontaires: pas de déforestation, pas de nouvelles plantations sur les tourbières et pas d’incendie, sont trois de leurs sept critères. Lorsqu’un membre producteur enfreint un principe, il fait face à des avertissements formels, ou à la suspension ou annulation de son adhésion.

 

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