Il faut tout un village pour élever un enfant: la famille élargie existe depuis toujours

Quand la famille classique est remplacée par une famille élargie, ou reconstruite, l’essentiel est que un enfant soit entouré d’amour.

Une famille élargie est un ensemble apparenté de plusieurs personnes vivant dans le même foyer.

Selon les études sociologiques et anthropologiques, la famille nucléaire a succédé à la famille élargie, mais cette hypothèse a été réfutée par des études démographiques, car ces deux formes de structure familiale coexistent depuis toujours.

La famille élargie est née en Afrique

Le terme famille élargie a été utilisé par les colonisateurs européens pour définir les institutions
familiales en Afrique, mais cette notion présuppose qu’il n’y a pas de familles nucléaires et en plus elle mélange le « biologique » et le « social ».
Les familles nucléaires existent mais elles sont intégrées dans des groupes appelés clans ou lignages, où le lignage désigne un ensemble de personnes unies par un ancêtre commun.

Par lignage patrilinéaire, on désigne un ensemble de parents unis en ligne agnatique, c’est à dire descendants d’une même souche masculine, appartiennent à la même famille, par un ancêtre commun. Dans les sociétés matrilinéaires, les parents sont unis en ligne utérine. On rencontre aussi des structures bi-linéaires, où les deux lignes, féminine et masculine, sont reconnues.

Le clan

A un certain seuil démographique, les collectivités créent des groupes similaires qui conservent des liens de parenté entre eux et donnent
lieu à des unités plus vastes à vocation territoriale: le clan.

Il existe de règles concernant la résidence et l’alliance matrimoniale.
C’est à ce niveau d’ensemble de règles qu’on parle de systèmes de parenté et d’alliance et non d’institutions familiales.
La règle la plus fréquente est la patrilocalité (on habite chez son père) et la virilocalité (les épouses habitent chez leur mari). Dans
les sociétés patrilinéaires, on habite dans son groupe de filiation, donc chez son père, contrairement aux sociétés matrilinéaires.
La virilocalité oblige les femmes à circuler. Elles quittent leur lignage pour aller dans celui de leur mari. Cette circulation des femmes implique une autre circulation en sens inverse, celle des biens matrimoniaux.

Le mariage

La circulation des femmes est balisée par des règles de mariage dont la principale règle est l’interdiction de se marier dans son propre groupe de filiation.
Les groupes de filiation ne sont pas uniquement des groupes de parenté mais aussi des groupes sociaux qui remplissent des fonctions politiques, économiques et idéologiques.
Dans les sociétés patrilinéaires comme dans les matrilinéaires. le point de départ est la domination femme/homme. Cette différence des sexes laisse présumer qu’il existe aussi une division du travail. Les activités féminines sont très contraignantes, et dans les sociétés masculines on constate l’existence de rapports ainés/cadets, cela signifie que les familles africaines ne forment pas une société égalitaire: au sein des lignages, les ainés ont le contrôle des relations sociales. Ils veillent à la circulation des femmes pour capitaliser les biens matrimoniaux.

L’importance des ancêtres

Dans la plupart des cultures africaines, la famille constitue le socle sur lequel se fondent tout le vécu et toute l’existence de l’être humain. Aujourd’hui encore le modèle de la parentalité en Afrique est l’idéal du vécu humain: famille élargie, père, mère, enfants, neveux, nièces, cousins, cousines, grands-parent. On inclut dans ce groupe aussi les ancêtres, les protecteurs des familles. Religion et tradition sont tout autant entremêlées, et garantissent la stabilité des liens familiaux, même au-delà du continent.

Les liens familiaux: risques et avantages

Selon des études conduites au Nigeria, les liens familiaux élargis répartit à la fois des risques et des avantages. Les groupes familiaux élargis forment souvent des sociétés d’individus qui fonctionnent de concert comme une seule unité sociale et économique.

Les chercheurs ont trouvé l’existence de problèmes liés à ce type de famille, comme l’incapacité à répondre aux demandes familiales, l’infidélité de la part des partenaires, incompréhension entre les membres, mais ces liens familiaux élargis offrent aussi d’importants avantages sociaux et économiques en termes de travail partagé, de socialisation des enfants et de soutien aux personnes âgées.

Dans ce contexte, des règles très élaborées régissent souvent la distribution de nourriture et d’autres ressources. De cette façon, le succès d’un individu profite au groupe.

famille
©gift-habeshaw/unsplash

Le sens de responsabilité

Les anthropologues ont défini la famille africaine comme un système de type socialiste, où chaque famille est un clan gouverné par un chef et où au-dessus du chef du clan il y a le chef du village. Cette organisation est définie un système de type socialiste parce que n’existe pas d’individualisme, mais le succès d’un individu profite au groupe comme aussi l’échec, car la vie de l’individu est la vie de son clan: le groupe  touché en bien comme en mal.

Pourquoi il faut tout un village pour élever un enfant? Parce que un enfant a besoin de regards différents, de points de vue différents pour pouvoir se développer d’une façon ouverte aux apprentissages de la vie: la vie est une, et dans cette unique vie les actions des uns provoquent des conséquences sur les actions des autres, le sens de responsabilité envers les autres on ne peut pas l’apprendre en solo, mais ensemble, surtout quand on est entouré d’une famille élargie.

 

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