Paludisme au Niger: prévention du paludisme saisonnier

Le paludisme est une maladie infectieuse potentiellement mortelle transmise à l’être humain par la piqûre de moustiques infectés par des parasites appartenant au genre Plasmodium. Les moustiques qui piquent sont des femelles appartenant au genre Anopheles.

D’après un rapport de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) sur le paludisme, cette maladie a touché environ 229 millions de personnes dans le monde en 2019, et causé 409 000 décès.

Les parasites deviennent de plus en plus résistant aux molécules antipaludiques et les moustiques craignent de moins en moins les insecticides. Aucun vaccin n’est disponible.

Les symptômes du paludisme

Le paludisme débute par une fièvre 8 à 30 jours après l’infection, qui peut s’accompagner de maux de tête, de douleurs musculaires, d’un affaiblissement, de vomissements, de diarrhées, de toux. Le paludisme peut être fatal s’il n’est pas traité. Dans certains cas, les globules rouges infectés peuvent obstruer les vaisseaux sanguins irriguant le cerveau : c’est le neuro-paludisme, souvent mortel.

Dans les régions où le paludisme est endémique, une partie de la population est porteuse asymptomatique et certains individus tolérant la présence du parasite développent une immunité naturelle.

Il existe cinq espèces de parasites du genre Plasmodium qui sont responsables de la maladie chez l’être humain, en Afrique l’espèce dominante est le parasite Plasmodium falciparum, avec le moustique Anopheles gambiae, du genre Anopheles, espèce principale mise en cause de la transmission du paludisme chez l’être humain.

La transmission de Plasmodium d’un être humain à un autre se fait donc par l’intermédiaire du moustique Anopheles gambiae; la contamination interhumaine est possible, d’une femme enceinte infectée à son enfant ou par transfusion sanguine.

Aucun moyen préventif n’assure une protection totale de la maladie et il est possible de faire une crise de paludisme, parfois d’apparition tardive, même si un traitement a été pris. En cas de fièvre même légère, de nausées, de maux de tête, de courbatures ou de fatigue, un médecin doit être consulté en urgence. Le diagnostic sera confirmé par une prise de sang.

La recherche d’un vaccin contre le paludisme

D’après les chercheurs de l’Institut Pasteur, le seul vaccin disponible contre le paludisme est le RTS,S/AS01. Ce vaccin a eu des résultats favorables en phase III, et un pilote est en cours depuis 2018 dans divers pays d’Afrique pour établir son efficacité en conditions normales d’utilisation.

La vie du parasite Plasmodium passe par plusieurs stades, avec une phase de reproduction sexuée suivie de multiplication, et des phases d’intense multiplication chez l’être humain, dans les cellules du foie et après dans les globules rouges du sang. Chaque stade se termine par la libération d’un parasite d’une forme différente, porteur d’antigènes différents et induisant des réponses immunitaires différentes, ce qui rend très compliquée la recherche d’un vaccin.

Prévention du paludisme saisonnier par la Chimio-prévention du paludisme saisonnier (CPS)

Le fléau du paludisme afflige le Niger depuis toujours.

En 2013 le Programme national de lutte contre le paludisme (PNLP) du Niger, avec le soutien de partenaires et donateurs financiers et techniques, s’est engagé dans la mise en œuvre de la chimioprévention du paludisme saisonnier (CPS).

Selon l’OMS il s’agit de  l’administration intermittente d’un traitement complet d’un médicament antipaludique pendant la saison du paludisme pour prévenir la maladie paludéenne dans le but de maintenir les concentrations thérapeutiques de médicaments dans le sang tout au long de la période de plus grand risque paludéen. Le paludisme saisonnier (la saison des pluies représente la période du pic de la maladie) touche de manière disproportionnée les enfants en bas âge.

Encore selon l’OMS, la CPS est une initiative qui prévient l’apparition du paludisme chez les enfants, représentant, d’après une étude, “une intervention peu coûteuse et très rentable qui contribue à des économies substantielles en réduisant les coûts de diagnostic et de traitement du paludisme chez les enfants”.

Il s’agit de l’administration d’un traitement préventif d’antipaludiques à des enfants âgés de 3 mois à 5 ans, dans les régions où le paludisme est très saisonnier. Ce traitement est administré pendant 3 ou 4 mois, une fois par mois, sur trois jours.

A ce jour, l’initiative est mise en œuvre dans 13 pays : Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Gambie, Ghana, Guinée, Guinée-Bissau, Mali, Niger, Nigeria, Sénégal, Tchad et Togo

paludisme sasonnier
© arno-partissimo/unsplash

Selon un article paru dans Jeune Afrique, la Chimioprévention du Paludisme Saisonnier est adressée “chaque année à plus de 4 millions d’enfants de moins de 5 ans au Niger. Cette initiative a permis de réduire de plus de 40 % la mortalité et la morbidité infantiles dans le pays entre 2013 et 2019. Même en ces temps de pandémie de COVID-19, le Niger a continué de trouver des moyens opérationnels, économiques et socialement viables pour mettre en œuvre cette initiative qui sauve des vies […] plus de 33 millions d’enfants ont bénéficié de la CPS dans les 13 pays où elle est mise en œuvre, soit 10 millions de plus que l’année précédente.”

Stratégie pour éliminer le paludisme

La Stratégie technique mondiale de l’OMS contre le paludisme 2016-2030,  stratégie de l’OMS pour éliminer le paludisme, fournit un cadre technique qui vise à orienter et à appuyer les programmes régionaux et de pays dans leurs efforts de lutte contre le paludisme et son élimination.

La Stratégie fixe des objectifs mondiaux ambitieux mais réalisables:

  • réduire l’incidence des cas de paludisme d’au moins 90 % d’ici 2030;
  • réduire les taux de mortalité due au paludisme d’au moins 90 % d’ici 2030;
  • l’élimination du paludisme dans au moins 35 pays d’ici 2030;
  • prévenir une résurgence du paludisme dans tous les pays exempts de paludisme.

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