Rapport Brazza: la dernière mission en Afrique de Savorgnan de Brazza dans une fiction documentaire sur Spotify

Le rapport Brazza est une enquête administrative concernant les conditions de vie au Congo français, confiée en 1905 à Pierre Savorgnan de Brazza, explorateur en retraite.

Ce rapport n’a pas été publié à l’époque car il dénonçait la collusion des intérêts de compagnies privées et de l’administration coloniale, et les violences subies par les indigènes. Il a été rendu public en 2014.

Le 14 juillet 1903, dans l’actuelle Centrafrique, deux fonctionnaires coloniaux, Georges Toqué et Fernand Gaud, « célèbrent » la fête nationale française en faisant sauter à la dynamite un indigène, alors en prison et condamné à mort.

À Paris, la nouvelle est connue en janvier 1905 : le scandale est énorme. À l’issue de trois jours de débats, les députés réclament qu’on envoie une inspection. Le ministre des Colonies sollicite Pierre Savorgnan de Brazza, explorateur en retraite, qui a découvert le Congo et qui a donc permit à la France de créer la colonie du Congo, en 1880.

Au cours d’une mission de six mois, avec douze collaborateurs, Savorgnan de Brazza constate que les populations sont victimes des violences perpétrés par les fonctionnaires français .

Malheureusement, l’explorateur meurt sur le chemin du retour. Le rapport est rédigé à Paris par de hauts fonctionnaires, qui dénaturent les propos de Brazza en dédouanant l’administration française pour accabler les sociétés concessionnaires privées, qui exploitent le caoutchouc. Le ministre des Colonies, qui avait donné sa parole que le rapport serait publié, ne le fait pas. Vers 1907, le président de la République décide que le rapport ne sortira pas. Il sera un secret d’État.

Une copie du Rapport Brazza retrouvée

Dans les années 1960, l’historienne Catherine Coquery-Vidrovitch prépare sa thèse sur Le Congo au temps des grandes compagnies concessionnaires, 1898-1930 .

Dans les documents consultés, elle découvre un exemplaire du rapport. Elle l’utilise, le cite et le référence dans sa thèse, publiée en 1972.

L’historienne explique:

La raison principale c’est que les conditions de la conférence de Berlin de la fin du XIXe siècle précisaient que si ça ne marchait pas du côté des Belges, les Français pourraient avoir préemption. Donc, il était très important de montrer que les Français étaient parfaits du côté du Congo français. Ainsi, ce rapport était impossible à publier, en particulier pour le ministre des Affaires étrangères.

L’opinion publique ne s’intéresse pas à cette recherche, et donc même pas à la découverte de ce rapport.

Il faut attendre la fin du XXe siècle pour que naisse, en France, l’intérêt du grand public pour l’histoire coloniale.

Un éditeur propose à Catherine Coquery-Vidrovitch de publier le rapport Brazza: le texte de 1905, accompagné de compléments et de tout un appareil critique, paraît en 2014. Quatre ans plus tard, le rapport Brazza se transforme en bande dessinée avec Congo 1905, par Tristan Thil et Vincent Bailly.

En 2021, un podcast Original Spotify propose une fiction documentaire: un ethnologue, fils d’un administrateur colonial blanc qui l’a ramené avec lui en Europe et lui a toujours caché l’identité de sa mère, noire et congolaise, arrive au Congo, officiellement pour recueillir les traditions orales, en réalité pour chercher sa mère.

Dans sa quête il rencontre les témoins des atrocités décrites par le rapport Brazza.

Parmi les « voix » du podcast, la chanteuse béninoise Angélique Kidjo, l’artiste gabonais Ekomy N’Dong et Gaël Kamilindi, de la Comédie-Française.

« Le rapport Brazza » est un podcast Original Spotify en cinq épisodes, produit en association avec L’Officine, par Thibaud Delavigne, producteur exécutif et auteur avec la journaliste Charlie Dupiot. La réalisatrice est Maya Boquet.

Voici une brève vidéo sur le Rapport Brazza:

 

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